L'origine de Neuville Saint Vaast

Neuville Saint Vaast, jadis appelé "Novavilla" puis "Neuville-Egalité" pendant la période révolutionnaire, comme les peuples heureux, n'avait guère d'histoire jusqu'au jour où son nom apparut fulgurant dans les "communiqués" de la grande guerre.

Ses habitants, adonnés surtout aux travaux des champs sur un sol généralement fertile et intensivement cultivé, logés dans des maisons toutes blanches, aux façades en pierres du pays, et intèrieurement toutes reluisantes de propreté, vivaient en paix dans un "individualisme familial" un peu ombrageux mais qu'expliquait le travail probe, tenace et ordonné de ces foyers ruraux...Et ils souhaitaient, de même mourir en paix.

Mairie de Neuville Saint Vaast (62580)

Pourtant, à en croire la tradition, à en juger aussi par les "fosses à loups" de l'Ancien Bois ("Entonnoirs" préhistoriques creusés à l'emplacement actuel des cratères d'explosion de mine de la zone rouge) et par les puissantes fondations celtiques qui affleuraient au sol en plusieurs endroits du territoire, Neuville Saint Vaast dans son lointain passé, aurait été une cité fortifiée, un "oppidum" gaulois. Mais, environ mille ans plus tard, ses habitations dispersées en de nombreux hamexau aurait entièrement été détruites par les Normands, venus, comme le firent les allemands dix autres siècles après, par le "saut du Ravage" ou des "Ecouloirs". Neuville fut rebâtie sur son emplacement actuel et ses maisons vinrent se blottir autour de l'église des Moines de Saint Vaast, à qui le village, dés l'an 870, avait été en partie donné par Hincmar, Archevêque de Reims.

Un souterrain à plusieurs ramifications, refuge pour la population et abri pour le bétail en cas d'alerte, fut également creusé à 8 mètres du sol. Sa galerie centrale, longue de prés de 2 km, et voûtée de pierres blanches assemblées en plein cintre, menait de la ferme de l'abbaye, prés de l'église, à un moulin aux épais murs circulaires, ancienne tour de guet, qui se dressait encore au bout du "Chemin Creux" longeant le cimetière communal, et dont les pierres sont tombées lentement sous les bombardements, comme les larmes de Neuville, dans les tranchées sanglantes du "Labyrinthe".

Car, dans la nuit du 4 au 5 octobre 1914, Neuville Saint Vaast fut à nouveau envahi et, pour sa défense puis sa libération, pendant 30 mois, dans la boue enlisante des tranchées, dans la pourriture des charniers, on vit combattre, âprement, Français et Britanniques d'Europe et d'outre-mer et, librement dans les rangs de la légion étrangère, des volontaires de toutes les nations. Le passé tumultueux de Neuville lui donna pour devise "Resurgam", qui signifie "je ressusciterai" et un blason représentant un phénix qui renaît de ses cendres symbole de renaissance.

Le Blason

Blason de Neuville Saint Vaast

Le blason de la commune est formé de gueule au chevron d'argent, accompagnée en pointe d'un phénix d'or. A l'extérieur (car l'usage héraldique le veut ainsi) se trouve une pièce carrée d'azur chargée d'une croix de guerre. Le blason communal composé par Ernest Petit date de 1921. A sa base l'inscription : 9 mai 1915, Resurgam ! (Je ressusciterai !).Il accompagne la date de la libération de Neuville Saint Vaast au prix d'une complète destruction. Les monuments commémoratifs et les cimetières militaires conservent le douloureux souvenir des soldats morts sur le sol de la commune.

 

Le Flambeau

Si vous entrez à Neuville Saint Vaast par le hameau de la Targette, regardez le Flambeau : il est le symbole du village. Meurtri et complétement détruit durant la guerre de 1914-1918, il garde aujourd'hui le souvenir. Tel le phénix, cet oiseau légendaire qui renaît de ses cendres, Neuville a reconstruit ses maisons, une par une.

"O, vivants, qui passez auprés de ce flambeau, qui dresse symbole aux champs des hécatombes, attardez vos regards sur ce sol plein de tombes, et songez à nos morts, dont le coeur était beau."

Le 11 novembre 2007, une plaque a été déposée en hommage à Monsieur Ernest PETIT, à l'origine de l'édification de ce monument.

 

 

Le Monument LEUREGANS

Situé au lieu-dit "Le cagin", sur la route d'Arras (chemin départemental49), ce monumenta été édifié par la famille LEUREGANS à la mémoire de l'aspirant Augustin Leuregans, disparu à l'age de 18 ans au cours de la Grande Guerre de 1914-1918.

Immobilisés dans un abri semi-souterrain, sous la menace d'un bombardement intense de l'armée allemende, les territoriaux francais, soldats d'un certain âge, hésitaient à se lancer à l'attaque. Pour les décider, l'aspirant Leuregans lança alors cet appel : "Allons, mes vieux papas, vous n'allez pas laisser votre enfant mourir tout seul ?".

S'élançant hors de l'abri, il futtué aussitôt et disparu à jamais. En tout cas son appel galvanisa ses vieux territoriaux qui, à leur tour, se lancérent dans la bataille.

La Croix du souvenir

Monument situé dans la rue de Prague, à la mémoire des milliers de soldats tués pendant la geurre. Deux mots inscrits dans la pierre nous rappellent notre passé : "Souviens toi".

Le monument de la reconnaissance

Situé au centre du cimetière communal, il représente un soldat mourant appelant le Christ.

Sur les murs qui l'entourent sont gravés les noms des enfants de la commune morts pour la France, ainsi que les numéros et titres de tous les régiements français, canadiens et alliés qui ont combattu pour la délivrance de la commune.